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Un séparateur — à graisses pour la restauration, à hydrocarbures pour les garages, stations-service et parkings — est obligatoire dès qu’une activité rejette des eaux non domestiques au réseau. Il est normalisé (NF EN 1825 pour les graisses, NF EN 858 pour les hydrocarbures), doit être précédé d’un débourbeur, et vidangé dès qu’il atteint son seuil de remplissage, avec un bordereau de suivi des déchets. Le point complet sur vos obligations.
L’essentiel à retenir :
- Tout rejet d’eaux non domestiques au réseau public exige une autorisation de déversement (art. L1331-10 CSP)
- Séparateur à graisses = restauration (NF EN 1825) ; séparateur à hydrocarbures = garages, stations, parkings (NF EN 858)
- Un débourbeur en amont retient sables et boues avant le séparateur
- Vidange dès la moitié du volume de boues ou 80 % de la capacité d’hydrocarbures
- Bordereau de suivi obligatoire — les boues d’hydrocarbures sont des déchets dangereux
Un séparateur est-il obligatoire ?
Oui, dès que votre activité rejette au réseau public des eaux autres que domestiques. L’article L1331-10 du Code de la santé publique impose que tout déversement d’eaux usées non domestiques soit préalablement autorisé par la collectivité, via une autorisation de déversement qui fixe les caractéristiques que doivent présenter ces eaux. Le prétraitement — séparateur à graisses ou à hydrocarbures selon l’activité — en fait partie.
Concrètement : les eaux grasses de cuisine des professionnels de la restauration sont juridiquement des eaux usées non domestiques, tout comme les eaux de ruissellement chargées d’hydrocarbures d’un garage ou d’un parking. Les rejeter sans séparateur n’est pas conforme et expose l’établissement.
Séparateur à graisses ou à hydrocarbures : lequel pour qui ?
La distinction est fonctionnelle et normative. Le séparateur à graisses, régi par la norme NF EN 1825, traite les rejets organiques de la restauration et des cuisines collectives : il retient les graisses avant qu’elles ne figent dans le réseau. Le séparateur à hydrocarbures (ou séparateur de liquides légers), régi par la norme NF EN 858, traite les eaux souillées par les carburants et huiles : il équipe les garages, stations-service, aires de lavage et parkings.
| Équipement | Norme | Pour qui | Retient |
|---|---|---|---|
| Séparateur à graisses | NF EN 1825 | Restauration, cuisines collectives | Graisses et huiles alimentaires |
| Séparateur à hydrocarbures | NF EN 858 | Garages, stations, parkings, lavage | Carburants et huiles minérales |
| Débourbeur | En amont du séparateur | Installations hydrocarbures | Sables, boues, particules lourdes |
L’installation d’un séparateur à hydrocarbures est d’ailleurs obligatoire sur les aires de circulation et de stationnement de véhicules et les stations-service, où les eaux de ruissellement se chargent en hydrocarbures. Pour un établissement de restauration classique, c’est le séparateur à graisses qui s’applique.
Pour les petits établissements de restauration, voir bac à graisses : vidange, fréquence et prix.
Pourquoi un débourbeur en amont ?
Un séparateur à hydrocarbures ne fonctionne bien que si les sables et les boues sont retenus avant lui. C’est le rôle du débourbeur : placé en amont, il piège les particules lourdes (sable, terre, gravillons) qui, sinon, s’accumuleraient dans le séparateur et le mettraient hors service. Le débourbeur est donc obligatoire en amont d’un séparateur à hydrocarbures.
Autre sécurité imposée : tout séparateur à hydrocarbures doit être équipé d’un dispositif d’alarme automatique qui signale le niveau d’hydrocarbures accumulé. C’est ce qui permet de déclencher la vidange au bon moment, avant le débordement.
À quelle fréquence vidanger, et comment ?
Comme pour un bac à graisses, la vidange suit le remplissage, pas un simple calendrier. Pour un séparateur à hydrocarbures, elle s’impose lorsque les boues atteignent la moitié du volume prévu ou lorsque les hydrocarbures occupent 80 % de la capacité de stockage. L’alarme de niveau aide à ne pas dépasser ce seuil.
La vidange se fait par une entreprise qui pompe les matières et les élimine en filière agréée. Point crucial : les boues et résidus issus d’un séparateur à hydrocarbures sont des déchets dangereux. Leur enlèvement, leur transport et leur traitement sont strictement encadrés et doivent être tracés par un bordereau de suivi des déchets.
Quels risques en cas de non-conformité ?
Un séparateur mal entretenu laisse passer graisses ou hydrocarbures vers le réseau : c’est un déversement non conforme à l’autorisation, qui expose à des sanctions et peut justifier un refus ou un retrait de l’autorisation de raccordement. Pour les hydrocarbures, le risque environnemental est réel (pollution du réseau et du milieu naturel), ce qui renforce les contrôles.
À cela s’ajoute le risque technique : un séparateur saturé finit par se boucher, avec débordements et arrêt d’activité à la clé. L’entretien régulier avec bordereau est la seule façon de rester en règle et opérationnel.
FAQ : séparateur et débourbeur
Quelle est la différence entre un débourbeur et un séparateur ?
Le débourbeur retient les particules lourdes (sable, boues) ; le séparateur retient les liquides légers (graisses ou hydrocarbures). Sur une installation d’hydrocarbures, les deux sont associés : le débourbeur en amont protège le séparateur en aval.
Un garage doit-il obligatoirement un séparateur à hydrocarbures ?
Oui, dès qu’il rejette au réseau des eaux de ruissellement susceptibles de contenir des hydrocarbures (aire de lavage, atelier, stationnement). Le séparateur à hydrocarbures normalisé NF EN 858, précédé d’un débourbeur, est alors obligatoire.
Qui peut vidanger un séparateur à hydrocarbures ?
Une entreprise d’assainissement habilitée, qui élimine les résidus en filière agréée et remet un bordereau de suivi des déchets. Les boues d’hydrocarbures étant des déchets dangereux, leur traitement est réglementé et ne s’improvise pas.
À quelle fréquence contrôler son séparateur ?
Le contrôle du niveau doit être régulier — l’alarme automatique y aide — et la vidange déclenchée dès le seuil atteint (mi-remplissage de boues ou 80 % d’hydrocarbures). Un contrat d’entretien périodique évite de dépasser ces seuils sans s’en apercevoir.
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